Portrait de Marie de Médicis

Adel YOUNESI,

2016,

H.198 x L.147 cm,

Huile sur toile.


Adel Younesi s'inspire fidèlement d'un portrait de jeune fille de Marie de Médicis, exécuté par Santi di Tito (au XVIe siècle) et conservé à Florence, au Palais Strozzi. L'identité véritable de ce portrait fait toujours débat, car ce visage très allongé ne ressemble guère aux autres représentations de la jeune Marie de Médicis, témoignant d'un physique plus charnu.

Les papillons traduisent la transformation de cette jeune femme devenue reine, épouse d'Henri IV. Ils peuvent aussi évoquer l'inconstance et la brièveté du pouvoir personnel du personnage.

Le monocle symbolise le symbole du rang royal de Marie de Médicis, ce pouvoir auquel elle tient tant et qui guidera toutes ses actions, dans une cour ostentoirement hostile. L'inspiration de l'artiste est sans doute à chercher du côté de Marcel Proust, associant le monocle au papillon dans Du côté de chez Swann, avec le personnage de Saint-Loup.

Ce poids aliénant du pouvoir, les souffrances et les dénégations de soi qu'il engendre, Adel Younesi les suggère en multipliant et grossissant les perles ornant le visage de la reine. Le perle, on le sait, naît d'une concrétion calcaire produite par l'huître pour se défendre contre l'intrusion d'un corps étranger irritant.

Ce visage est le symbole d'une femme transformée par l'expérience du pouvoir, tiraillée entre son rang royal à tenir, ses amitiés avec ses confidents italiens et la dureté impitoyable de la cour.

Portrait de Marie de Médicis

Adel Younesi

Dimensions L: 147 x H: 198 cm