Yang-Liming

Exposition en cours • YANG LIMING • Vernissage Jeudi 17 octobre

«Paisiblement, concentrons-nous pour examiner les scènes du passé qui émanent de nos cœurs comme dans un rêve.

Dès l’instant où nous contemplons notre présent, celui-ci se transforme en passé; si nous examinons nos succès et nos échecs, nos joies et nos peines, nos réussites ou nos pertes, ou même la vieillesse et la maladie, tout n’est qu’illusion, comme une fleur dans un miroir ou le reflet de la lune dans l’eau. Cette introspection est comme une ombre, à la fois invisible et omniprésente.
Ma peinture est la pratique de ce regard, un souffle, un trait, une touche, un éveil…» 

Yang Liming

 

Exposition du 17 octobre au 30 novembre 2019

Vernissage Jeudi 17 octobre

à partir de 18h

En presence de l’artiste

 


 

YANG LIMING ET LES IMAGES ANALOGUES

 

Energie, vibration, respiration.

Un artiste crée par sa main mais aussi par son cœur.

Réduire les œuvres de l’artiste chinois Yang Liming à de pures abstractions serait une erreur de lecture engendrée par nos carcans de perception occidentale.

 

Yang Liming est né en 1975 et diplômé de l’Institut des Beaux-Arts du Sichuan mais qui s’est rapidement détaché de ce qu’on appelle communément la  » Sichuan mei yuan Situation », un phénomène qui conduit la majorité des artistes de cette génération, originaires de cette province, à produire des œuvres semblables et peu innovantes.

Au début des années 2000 il décide d’étudier l’art occidental, de l’impressionnisme à l’expressionnisme abstrait en passant par le cubisme, et d’explorer ces différents modes de peintures dans ses propres œuvres. Il s’adonne également un temps au dripping, fasciné par la portée des lignes dynamiques dans la construction des œuvres de Pollock. Cependant, il revient rapidement à une technique de travail de la ligne peinte au pinceau à l’huile. Mais la « touche » ne le satisfait pas non plus. Les pinceaux à l’huile ne s’allongeant pas assez, il leur préfère l’usage du pinceau chinois, dans un style proche de la calligraphie qu’il pratiquait enfant. Grand amateur de musique classique occidentale, il découvre alors l’énorme potentiel de « musicalité » de la touche. Le geste du peintre, tel celui du calligraphe, vient exprimer le « qi », à la fois énergie vitale et tonalité, pour refléter ses propres sensations. En découle alors une image qui traduit de manière « concrète » la vision de ce ressenti. Ce concept, impossible à traduire en français mais que l’on pourrait définir comme une « analogie » ou une « image analogue », est donc empreint à la fois de préceptes de la philosophie chinoise taoïste, de mouvements de composition musicale et du geste calligraphique. Le travail de Yang Liming se situe donc dans l’interrelation des sens (la vue, l’ouie), du cœur en tant qu’élément central du corps et moteur d’émotions et de la main, prolongée par l’outil du pinceau.

 

En 2006, les premières séries de l’artiste consacrées à l’expression de l’ « image analogue » par le biais de la ligne exploraient essentiellement la structuration de segments linéaires. Quelques années plus tard, la perception de l’artiste change progressivement. Les lignes droites et les angles droits font place à des lignes courbes et cycliques, pour former des ensembles spatiaux constitués de cercles en rotation. Ces compositions sont en réalité la traduction picturale de l’esprit apaisé de l’artiste. Comme il l’exprime dans un entretien réalisé en 2015 avec Liao Wen « Lorsque je suis calme et que je médite sur mon esprit intérieur, je peux sentir un espace rotatif qui s’allume lentement et qui produit beaucoup plus de rayons de lumière. Ce que je peins n’est pas seulement de la peinture abstraite, c’est littéralement une projection « concrète » de ce que je ressens. Pour moi, absolument tous ces éléments sont tangibles, y compris la couleur, la structure, les cercles ou la direction de la lumière. »

L’usage des couleurs vient également renforcer cette volonté de peindre la « réalité tangible » des sensations. Pour Yang Liming le rouge symbolise la passion de la vie et la chaleur. Il exprime quelque chose qui ressemblerait à du sang, porteur de vie, mais aussi parfois d’un soupçon de douleur. Quant au noir, il représente la famille. Le noir infini n’est pas quelque chose de sombre qui viendrait nous détruire, en réalité il est porteur d’une chaleur et d’une lumière qui émergent de l’intérieur pour venir nous aider. Les différents types de tons noirs, froids ou chauds, trouvent leur équilibre dans la luminosité créée par les contrastes de couleur.

De la rencontre et du mélange de ces deux couleurs naissent des vibrations, de véritables ondulations caressant la surface de la toile comme les cercles concentriques formés par une pierre tombée au cœur d’un lac.

Ricochets du cœur, échos énergétiques de la main sur la surface à peindre, témoignages du passé rencontrant le présent pour faire émerger le futur.

Analogies sans référents et portes ouvertes sur l’âme de l’artiste. Œuvres poétiques autant que prosaïques. Espaces vivants.