After Life Raphaëlle Bertran

  • Dimensions : 200 × 300 cm
  • Année : 2022
  • Médium : Huile
  • Support : Toile
  • Signature : Signé et daté par l'artiste
  • Tirages : Oeuvre unique

Plus d’informations

ŒUVRE

Son œuvre After Life évoque les pulsions de l’Homme et comment elles vont influencer notre existence sur cette terre mais aussi par écho avoir des répercussions dans l’au-delà. Le paradoxe de leur coexistence tient de leur opposition directe. En premier lieu il y a la pulsion de vie, symbolisée par les blanches colombes qui évoquent le souffle vital et le sacré autant que la liberté comme quintessence de l’existence. La vie c’est aussi l’instinct primaire de survie qui comprend notamment la pulsion sexuelle ici représentée par l’incursion des détails de shunga, des gravures japonaises érotiques dont le nom signifie littéralement « image de printemps », un euphémisme pour faire référence à l'acte sexuel. Paradoxalement situés sur des pierres tombales, ces corps imbriqués et assoiffés de vie sont eux-mêmes confrontés à leur propre mortalité. A cette pulsion de vie, blanche et lumineuse, vient donc s’opposer pulsion de mort sous la forme d’une silhouette sombre et griffue d’un corps qui chute, inexorablement aspiré vers l’obscurité. On peut également y reconnaître la figure du pendu. Arcane mystérieuse et souvent mal perçue du tarot, elle évoque l’introspection et l’aspiration de se positionner dans la vie au regard de sa philosophie et de son éthique personnelle, tel un messager qui nous donnerait accès à notre propre conscience. Véritable vaisseau vers l’âme attrapée dans cet instant mystique entre chien et loup, il est, mi-humain mi-démon, la porte entre les mondes.


ARTISTE

Les œuvres de Raphaelle Bertran se construisent comme des oxymores peintes. Empreintes de ce que l’artiste revendique comme une « inquiétante étrangeté » et nourries des lectures approfondies de Nietzsche, Bataille ou encore Blanchot, elles se présentent sous la forme de fragments narratifs. Le mélange de nombreux détails et figures, aussi bien empruntés à l’histoire de l’art qu’à son propre lexique visuel vient alors troubler la perception du spectateur en déjouant toute possibilité de lecture englobante de l’œuvre. Les fonds de couleurs neutres et sombres sur lesquels sont placées ses figures, grandes étendues « arides » noires ou grises ponctuées de quelques éléments naturels, montagnes rocheuses ou lacs et inspirés des paysages anhistoriques de Philippe Garrel ou encore de Jodorowsky, amplifient encore la dimension atemporelle des tableaux et renforcent le « désarroi » (au sens blanchotien du terme) provoqué par cette perte de repères et la multitude de scénarios possibles.

En savoir plus...