Raphaëlle Bertran

Biographie

Née en 1992 Raphaëlle Bertran obtient un Master 2 d’Esthétique et Philosophie de l’art à l’université Sorbonne Paris IV en 2014 avant d’entamer une formation à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris où elle obtient son premier diplôme à l’Atelier Dominique Gauthier en  2018 puis un Diplôme National Supérieur d’Arts Plastiques à l’Atelier Marc Desgrandchamps en 2020. Elle participe également à un échange International en étudiant à l’Université des beaux-arts de Hambourg en 2019.

Lauréate du Prix de peinture Alberic Rocheron décerné par l’Académie Française en 2021, elle a également été sélectionnée pour le Prix de la Collection Société Générale la même année et pour le Prix des Amis des Beaux-arts de Paris en 2018.

Ses œuvres sont présentées depuis 2017 à l’occasion d’expositions collectives organisées par l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris et plusieurs pièces de l’exposition de ses travaux « Soleils » sont sélectionnées en 2021 pour être exposées tout l’été à la Galerie LOFT, Paris et d’intégrer le fond de la Galerie.

«Ces compositions apparaissent comme un condensé d’histoire humaine, un univers où absurde, terreur et force de vie se conjuguent comme un reflet très actuel du monde, une actualité restituée à partir de scènes empruntées à la matière du passé. »


Entretien avec Marc Desgrandchamps, Janvier 2020

Les œuvres de Raphaelle Bertran se construisent comme des oxymores peints.

Empreintes de ce que l’artiste revendique comme une « inquiétante étrangeté » et nourries des lectures approfondies de Nietzsche, Bataille ou encore Blanchot, elles se présentent sous la forme de fragments narratifs. Le mélange de nombreux détails et figures, aussi bien empruntés à l’histoire de l’art qu’à son propre lexique visuel vient alors troubler la perception du spectateur en déjouant toute possibilité de lecture englobante de l’œuvre. Les fonds de couleurs neutres et sombres sur lesquels sont placées ses figures, grandes étendues « arides » noires ou grises ponctuées de quelques éléments naturels, montagnes rocheuses ou lacs et inspirés des paysages anhistoriques de Philippe Garrel ou encore de Jodorowsky, amplifient encore la dimension atemporelle des tableaux et renforcent le « désarroi » (au sens blanchotien du terme) provoqué par cette perte de repères et la multitude de scénarios possibles.

Bien que le travail de Raphaëlle Bertran, dont les œuvres peintes mais aussi les vidéos et les récits s’interpénètrent et s’influencent, soit une forme de création qui s’apparente à l’écriture automatique utilisée par les surréalistes, son processus créatif est fortement marqué par une forme d’ « esthétique sacrificielle ». L’accumulation d’images et de références littéraires et historiques qui l’obsèdent conduit en effet systématiquement à la mise en place d’univers inquiétants où l’homme, dénué de tout interdit et toute morale, parfois même défiguré, cède à ses passions et ses pulsions dans un monde sur le point de collapser. C’est impuissant que le spectateur assiste à l’effondrement du monde ou à la mort tragique et imminente du héros, évoqué par l’utilisation de la bombe qui sert de base à l’exécution des figures, produisant un halo blanchâtre qui amplifie leur aspect fantomatique. Le sacré lui-même fini par se pervertir. Les anges côtoient les monstres et tous les paysages (flammes, déluge, etc.) symbolisent le chaos et l’apocalypse sur le point de se produire. Véritables arrêts sur image les tableaux de Raphaëlle Bertran sont donc à la fois des cris d’alertes sur un désastre imminent autant que des fenêtres ouvertes sur la poétique et tragique répétition éternelle de l’absurdité des comportements humains. La figure du soleil, également récurrente dans la tragédie, est aussi un élément clef de ses travaux. C’est un soleil qui éblouit des êtres et rend fou, un astre mystique et énigmatique, au-delà de ce monde, qui souligne une fois de plus la complexité de ces œuvres composées de différents niveaux de lecture, à l’image de la figure du corbeau, à la fois symbole de mauvais présage et autoportrait discret (signification du nom de famille Bertran).


Formation

2020
DNSAP
Atelier Marc Desgrandchamps
École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris

2019
Hochschule für bildende Künste Hamburg
Hambourg

2018
DNAP
Atelier Dominique Gauthier
École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris

2014
Master 2 d’Esthétique et Philosophie de l’art
Sorbonne Paris IV

2010-2013
Classe préparatoire littéraire
Lycée Condorcet, Paris 9e


Concours

2021
Prix de peinture Alberic Rocheron
Lauréate

2021
Prix de la Collection Société Générale

2018
Prix des Amis des Beaux-arts de Paris

Expositions

Expositions 

2021
Exposition «À première vue», Galerie LOFT, Paris

2020
DNSAP « Soleils »
École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris

2019
Exposition privée groupe M.V.A. (Méducin, Vergès & Associés)
Couvent des Soeurs Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique, Paris

2018
Prix des Amis des Beaux-arts, École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris
DNAP « TRAGEDIES / Alcohol, Crashes and Burning Houses”, École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris


Expositions collectives

2022
« 100% l'EXPO » Exposition collective de Festival 100% Grande Halle de La Villette, Paris
Exposition collective « Elle(s) », Galerie Loft, Paris

2017
Exposition collective « A Great Opening »
9 avenue denis Papin 92350


Résidence

2021-2022
Villa Belleville, Paris