Bernard Quentin à la cité de l’architecture


L’exposition Aerodream, conçue par le Centre Pompidou-Metz en co-production avec la Cité de l’architecture & du patrimoine, s’attache à cerner un véritable phénomène culturel, à travers la découverte de plus de 250 œuvres et un parcours spécifique de gonflables monumentaux dispersés dans les galeries permanentes de la Cité.

Plusieurs oeuvres de Bernard Quentin sont présentées dans cette exposition.


Sur une brève période, de nombreux créateurs de toutes disciplines s’emparent des gonflables et des structures pneumatiques comme d’un nouveau médium, support de multiples formes d’action et d’expression, de la conception d’objets à celle d’événements, d’environnements, de projets architecturaux et urbains. Du milieu des années 60 au début des années 70, des artistes, des architectes, des ingénieurs et des designers ont, à travers le gonflable, redéfini les relations de l’architecture à la fondation, aux territoires, mais aussi à l’espace dans une nouvelle relation au corps, grâce à de multiples interventions et installations. Les formes pneumatiques se sont imposées comme les signes d’un nouveau mode de vie, souvent liées à des revendications sociales ou politiques qui trouvent un large écho dans l’imagerie publicitaire et cinématographique.

Au croisement de différents courants, du spatialisme au pop art, de Gutai au Groupe Zero, de l’action art à l’architecture radicale, l’usage des gonflables a eu un retentissement mondial entre les scènes européennes, le Japon ou les États-Unis, marquant une transition entre une crise du modernisme engagée depuis l’après-guerre et l’avènement du postmodernisme.  Les structures gonflables véhiculent ainsi deux formes de récits, deux imaginaires : l’un est lié au développement des technologies, à l’histoire industrielle et technique des pneumatiques, de l’automobile à l’aviation, puis aux applications dans le domaine architectural ; l’autre a trait à la mythologie du vol, de l’aérien, à la dimension humaine et au corps, alors que la tabula rasa de la guerre invite les créateurs à s’interroger sur les idées d’origine, du présent et de l’espace.

Aux sources de l’exposition, ces deux domaines de création constituent le socle d’une effervescence où les pneumatiques sont supports de création, autant qu’ils accompagnent, à travers le design et le cinéma, l’affirmation d’un nouveau mode d’être. L’apogée de ce modèle est étroitement lié à l’optimisme industriel des années 60, symbolisé par les intérieurs et le mobilier de Quasar Khan ou Aérolande, univers qui disparait avec la crise pétrolière des années 70.

Exposition jusqu’au 14 février 2022

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