Exposition

« AppaRitions » – Ma Sibo – 27 SEPT. au 3 NOV. 2012

  • Exposition Du 27 septembre au 03 novembre 2012

 

Happés par la fraîcheur du matin, les yeux encore embrumés, comme retenus malgré eux dans un univers de songes, nous nous retrouvons à déambuler dans ces Apparitions de Ma Sibo.

Comme dans les « rêves » de Gérard de Nerval, nous sommes perdus et subjugués par ces instants suspendus, où la nuit laisse peu à peu place à la lumière pâle et douce du petit matin.

Ma Sibo, jeune peintre chinois diplômé des Beaux Arts de Toulon et de Nîmes qui vit et travaille à Pékin, fait ici évoluer son art au delà des espaces clos et intérieurs qu’il traitait dans ses œuvres précédentes.

Il déborde du cadre quotidien pour s’emparer d’univers féériques, à la fois si familiers et pourtant improbables. Fêtes foraines, parcs, forêts, peu importe leur réalité. Ils ne sont qu’une occasion de capter l’atmosphère insaisissable d’une lumière éphémère. A l’image d’un Turner, Ma sibo se dévoile en véritable « peintre de la lumière ». Cependant, plutôt que de peindre de grands paysages aux ciels enflammés, il préfère s’attacher aux détails, resserrer ses compositions sur de petits objets qui auraient pu être anecdotiques s’ils ne servaient en réalité de catalyseurs à cette lumière.

Leurs courbes et leurs matières, mais aussi leurs reflets dans l’eau, sont autant de surfaces qui absorbent les sources de lumière au cœur de paysages vaporeux, et la renvoie en scintillement ou brillance quasi aveuglante sur lesquelles l’œil ne peut se fixer sans se perdre.

Par cette étrange poétique Ma Sibo nous entraine vers une contemplation de notre intimité et de nos souvenirs d’enfance qui, extirpés d’un passé lointain, sont baignés de ce halo flou et nébuleux. Seuls face à ces toiles nous voilà projetés au cœur d’un troublant vide mélancolique mais aussi enveloppant et rassurant.

Rêve… Empreintes… Réminiscence… Apparitions.

 


« Le Rêve est une seconde vie.

Je n’ai pu percer sans frémir ces portes d’ivoire ou de corne qui nous séparent du monde invisible. Les premiers instants du sommeil sont l’image de la mort ; un engourdissement nébuleux saisit notre pensée, et nous ne pouvons déterminer l’instant précis où le moi, sous une autre forme, continue l’œuvre de l’existence. C’est un souterrain vague qui s’éclaire peu à peu, et où se dégagent de l’ombre et de la nuit les pâles figures gravement immobiles qui habitent le séjour des limbes.

Puis le tableau se forme, une clarté nouvelle illumine et fait jouer ces apparitions bizarres ; le monde des Esprits s’ouvre pour nous »

Gérard de Nerval, Aurélia