Perdre ciel et terre Christos Kalfas

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  • Dimensions : 100 × 120 cm
  • Année : 2001
  • Médium : Technique mixte
  • Support : Plaque de plâtre
  • Signature : Signé et daté par l'artiste
  • Tirages : Oeuvre unique

5 000.00 inc. Vat

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ŒUVRE

Dans l’œuvre Perdre Terre et ciel, Christos Kalfas illustre avec une grande poésie la notion de « permanence ». Ce thème que l’on retrouve régulièrement dans ses œuvres lui permet de repenser la question du temps loin de la perspective linéaire que nous en avons généralement. En référence à Roland Barthes, il considère en effet que certaines idées ou évènements peuvent se glisser sur le temps, changer d’espace, se répéter de façon continue et « permanente ». De la même manière, les éléments qui composent ses tableaux peuvent donc se détacher de leur signification ou leur contexte initial et se « réincarner » dans de nouvelles situations, chargés d’illusions, de drames, d’érotisme ou de lucidité. Ils se transforment alors en « citations » qui incluent nécessairement des variations et peuvent s’adapter à toute interprétation. « (Mon art) est ainsi devenu mythe, prétexte et occasion d’un exercice créatif sans en subir de conséquences pathétiques » (Entretiens, oct. 1995). Pour lui c’est en travaillant sur la « peau » de chaque chose qu’on peut parvenir à construire une véritable mythologie personnelle.

Bien que la citation qui vient se surimprimer sur la surface de ce tableau est une référence directe au texte antique de Thucydide dédié à la Guerre du Péloponnèse (La Guerre du Péloponnèse, Livre III, LXXXII, 4-8), l’œuvre ne se veut pas pour autant une transcription littérale d’une scène historique de la bataille qui opposa les Spartiates aux Athéniens. Il s’agit au contraire d’exprimer la pertinence de cette citation dans un contexte actuel :

« Une audace irréfléchie passa pour un dévouement courageux Une prudence réservée pour lâcheté déguisée
La modération pour le prétexte qu’allègue la mollesse L’intelligence en tout pour une inertie totale »

Il s’agit d’une prise de conscience de l’erreur de jugement, des malentendus ou de la cupidité, qui peuvent conduire à des résultats tragiques, telle une guerre fratricide et idéologique. La faiblesse de jugement de l’homme est placardée sur le corps de l’homme nu, fragile et sans défense. Ce géant en exil, sans visage et sans identité, ermite sans raison ni paraitre qui erre dans un désert, apparait telle une âme vide et fragile dont le seul salut possible pourra émerger des deux plus puissantes armes que possède l’être humain : son esprit et sa pensée. Symboles de vie et de renaissance, les rouges gorges et l’œuf suggèrent quant à eux les possibilités de renouveau qui s’offrent à cet être désincarné, perdu entre deux mondes, qui ne demande qu’à reprendre vie sous nos yeux.


ARTISTE

Christos Kalfas est arrivé de Grèce il y a plus de 40 ans. Il vit et travaille aujourd’hui à Paris. C'est ainsi que son expérience de graveur - " cet émerveillement quand on tire la feuille de papier et qu'on découvre un dessin qui est là par miracle "- se joint à l'émergence d'une nouvelle peinture où la figuration s'accompagne d'un travail sur le support et la matière, mais aussi sur le sens. Ses grattages, entailles, incisions sur papier, plaques de plâtre, rejoignent, à travers le temps, le terme de grec ancien " graphein " qui signifie à la fois dessiner, graver, écrire. Les oeuvres de Kalfas, où jouent la peinture, les songes, les symboles et les mythes, non seulement de la Grèce antique, mais de notre civilisation occidentale, faussement légères, empreintes de divin et de banal, nous induisent à la méditation, à la création de notre propre mythe.

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