Dans les années 1960 Marino di Teana va faire la connaissance d’André Ramel, un industriel reconnu pour son savoir-faire dans les pièces uniques (automobiles de luxe, concorde, œuvres d’art). Quand ce dernier lui ouvre les portes de son usine, Marino y découvre un savoir-faire et de nouvelles techniques, notamment la pratique de l’inox. A partir de petites maquettes Marino va alors réaliser plusieurs pièces de mobilier imposantes en acier et en inox, notamment des tables qu’il crée pour ses amis. En 1970 il compose également un ensemble de pièces pour habiller le Hall de la Banque Française du Commerce Extérieur (BFCE) située à la Défense : une grande sculpture, une table basse et un bureau. Les différentes maquettes qu’il conçoit à cette occasion, portent déjà en elles le futurisme qu’il souhaite faire émerger des formes. Ce n’est cependant qu’en observant les finitions du bureau réalisé en inox que l’on perçoit la subtilité de son design. La brillance et la modernité de l’inox mêlée à la chaleur et l’élégance du bois s’associent à la transparence du verre, afin de produire une nouvelle harmonie, non seulement des formes mais aussi des matériaux.
– Catalogue de l’exposition Marino di Teana, 60 ans de création, Galerie LOFT, Paris, 21 janv.-13 mars 2016 (NB. p.35)
Référencé au Catalogue Raisonné de l’artiste sous le N°1307 – Page 489
Éditions LOFT, 2018, sous la direction de Nicolas Marino di Teana et Malika VINOT
ARTISTE
Francesco Marino Di Teana est un artiste à la fois peintre, sculpteur, architecte, poète et philosophe, qui a marqué la sculpture des années 1950-60 de ses théories sur la logique tri-unitaire qui intègrent le « vide » comme un élément actif de la composition picturale et architecturale.
Constructeur insatiable, Francesco Marino di Teana conçoit dès le milieu des années 1950 diverses pièces de mobilier. Alors qu’il vit de petits boulots de décorateur, il développe en parallèle à son travail de sculpteur des créations étonnantes, véritables hybrides entre l’esthétique design des années 1950 et la construction “architecturale” propre à l’artiste. Initialement destinées à ses amis proches et ses collectionneurs de la première heure ces œuvres “confidentielles” sont aujourd’hui mises en lumière grâce au travail de recherche et d’investigation réalisé autour de la préparation du catalogue raisonné. La finalisation de leur édition nous permet également d’avoir enfin un accès direct à ces “meubles-sculptures” élégants et avant-gardistes.
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