Milano Bernard Quentin

  • Dimensions : 209 × 100 cm
  • Année : 1963
  • Support : Tissu marouflé sur toile
  • Signature : Signé à la main
  • Tirages : Oeuvre unique
  • Ton : Tons colorés
  • Thèmes : écriture

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« Bernard Quentin, un art sémiotique, un phare vers l’universalité post-moderne de demain » Pierre Restany

Bernard Quentin est né en 1923. Il arrive à Paris vers 1940 afin d’étudier la peinture, la sculpture et l’architecture à l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs et à l’École nationale Supérieure des Beaux-Arts. Entre 1942 et 1944, il s’engage activement dans la Résistance au sein du réseau « Manipule », et en 1945 alors qu’il fréquente régulièrement la Maison de la Pensée Française, il se lie avec Pablo Picasso.

Cette rencontre et sa découverte de Guernica vont notamment influencer l’écriture abstraite et expressionniste du livre unique sur le thème des horreurs de la guerre et des camps de la mort qu’il expose au Salon des moins de trente ans cette année là, avant de reprendre ses cours à l’École nationale supérieure des beaux-arts qui avaient été interrompus par la guerre. Il s’ancre alors dans le milieu artistique du quartier Saint-Germain-des-Prés et fréquente les milieux existentialistes et surréalistes, les peintres Wols et Camille Bryen ainsi que le théoricien du lettrisme Isidore Isou. Il fait également partie de la bande à Boris Vian avec Jean-Paul Sartre, Maurice Merleau-Ponty, Anne-Marie Cazalis et Juliette Gréco avec laquelle il vivait alors dans une chambre sous les toits de la rue Servandoni.

« Il fallait trouver un langage universel et, pour ça, inventer des symboles compréhensibles par tous. Mais le sens des symboles peut différer d’un continent à l’autre. C’est pourquoi j’ai imposé des symboles qui peuvent être repris par tout le monde. C’est le côté universel. Je me suis basé sur les calligraphies coufiques et zen, où chaque artiste ajoute quelque chose, en plus du sens. »

Chez Bernard Quentin, la couleur des signes les situe grammaticalement : bleu pour les noms, vert pour les adjectifs, rouge pour les verbes, orange pour les articles et les pronoms. Son système d’écriture, pensé pour unir les hommes, est fort de trois mille signes qui peuvent tout dire, tout raconter. Graffitis, sténo-graffitis, hiéroglyphes, pictogrammes, fibres optiques, lettres électroniques forment un véritable « art sémiotique ».


ARTISTE

Artiste emprunt de modernité, Bernard Quentin a été un acteur primordial dans l’évolution de l’art du XXe siècle. Ses recherches plastiques au delà des formes de peinture et de sculpture classiques du début des années 1960 coïncident avec sa nouvelle passion pour l’air et la sculpture pneumatique. Il réalise alors des statues totémiques et surtout ses premières sculptures gonflables (les Cybules, la Vénus de Chicago) qui, appelés à des interventions monumentales dans les paysages, seront vues comme annonciatrices du Land Art.

« Mes sculptures peuvent simuler la vie parce que je peux arriver justement par une certaine programmation à les faire évoluer, à les faire respirer, à les faire palpiter, à les faire frémir. Je peux même arriver à les faire changer d’humeur si je veux. Elles peuvent avoir leur propre régulation. (…) Étant donné que je ne peux pas représenter la réalité telle que je la vois, j’essaye justement, au deuxième degré par des palpitations, des frémissements, d’appréhender la réalité par tout ce côté tactile, tous les rythmes intimes, les grands rythmes cosmiques mêmes, et tout le mystère de la biologie » (interview pour « l’avant-garde », 1968